Pham Hau dans les rizières du Tonkin et Victor Tardieu avant qu’il ne parte pour l’Indochine seront les deux moments forts de cette vacation.
Le nom de Pham Hau est désormais fréquent dans ces pages où régulièrement apparaissent ses panneaux et paravents en laque. Avec succès d’ailleurs ! On trouve très souvent cet artiste qui a intégré l’École des beaux-arts d’Hanoï en 1929 – avant d’en sortir diplômé en 1934 – avec des compositions en bois laqué polychrome et or mettant en scène les paysages de la baie d’Halong, des pagodes et des bananiers dont les palmes s’agitent au vent. Le thème de ce panneau, provenant d’une famille française qui possédait deux autres de ses œuvres, est très original s’agissant d’une Rizière du Tonkin. L’œuvre n’étant pas signée, elle lui est attribuée, mais il n’y a aucun doute sur sa patte derrière cette exécution à la fois sensible et parfaitement maîtrisée.Le regard court depuis les plans de riz du premier plan, franchit la palissade dorée délimitant les plantations et s’arrête au pied des monts karstiques emblématiques des paysages tonkinois.
Cette aventure n’aurait jamais vu le jour sans l’engagement d’un homme, le peintre Victor Tardieu. On le sait, il est à l’origine de la création de l’École d’Hanoï, dont il deviendra le directeur ; il va former toute une génération d’artistes vietnamiens aux techniques occidentales et, avec ses professeurs, à réinterpréter les techniques artisanales traditionnelles pour en faire de l’art. Avant de partir pour la colonie, à la faveur du Prix remporté en 1920, il avait reçu une formation académique dans les ateliers de Bonnat et Maignan, puis mené une carrière officielle dans une veine réaliste qui lui avait valu des commandes, dont une composition monumentale pour Gênes, les Dockers. Il la réalise dans une veine empreinte du réalisme social du XIXe siècle qui l’a vu naître et s’attache à représenter la pénibilité du labeur ouvrier. Lors de cette session sera proposée la dernière étude préparatoire connue :
elle figure un homme en contrapposto convoyant une lourde charge et est estimée entre 20 000 et 30 000 €.
MARDI 10 MARS, SALLE 5 – HÔTEL DROUOT. LYNDA TROUVÉ OVV.




