L’artiste voyageur et la naissance d’un imaginaire exotique
Pourtant, depuis des siècles et simplifié par l’invention du tube de peinture en métal dans la première moitié du XIXe siècle, les artistes sont aussi des voyageurs, rêveurs exotiques. La quête d’imagination, profondément liée à celle de la découverte, rencontre une soif d’évasion d’un monde européen aux codes et couleurs acquis.
Depuis Aziyadé de Pierre Loti et l’Orient de Eugène Delacroix, l’artiste devient un bohème voyageur qui confronte son esprit à des cultures encore fantasmées.

Eugène Delacroix, La mort de Sardanapale, 1827, Musée du Louvre
Victor Tardieu et l’École des Beaux-Arts de Hanoï
C’est le cas du peintre Victor Tardieu, qui de retour de la Première Guerre mondiale, ouvre une École des Beaux-Arts de l’Indochine à Hanoï (Vietnam) avec son élève Nam Sơn, qu’il rencontre quelques années plus tôt. Bien que d’influence occidentale, la production des artistes de cette école magnifie le Vietnam et influence profondément leur vision du monde.
Peintres voyageurs : des noms majeurs sur le marché
Nicolas de Staël, Paul Gauguin et Victor Tardieu comptent parmi ces grands noms, tout comme Louis Rollet, Georges Barrière, Jean-Louis Paguenaud ou encore Léa Lafugie que nous croisons aujourd’hui en salle des ventes.
Léa Lafugie, exploratrice des mondes asiatiques
Régulièrement sur les cimaises de Lynda Trouvé, Léa Lafugie (1890-1972) fait partie de ces exploratrices nourries par l’Asie et l’Orient, dont les décors deviennent le théâtre de ses découvertes. En septembre 2025, à l’occasion du 20e chapitre de ses ventes dédiées aux arts de l’Indochine, la Maison Maison Lynda Trouvé vendait La marchande de fruits laotienne, une huile sur panneau signée pour 4 200 €, confirmant ainsi l’intérêt des collectionneurs pour la peintre parisienne.







